Pourquoi j’ai créé Héritage Sauvage

Voyager en Afrique ne consiste pas seulement à choisir une destination. Il faut comprendre un territoire, une saison, un rythme, et savoir ce que l’on vient réellement y chercher.

J’ai créé Héritage Sauvage après plus de vingt ans passés professionnellement à concevoir des voyages en Afrique, et une vie liée à ce continent depuis bien plus longtemps encore.

Au fil des années, j’ai vu évoluer les façons de voyager, les attentes, les hébergements et les destinations. Mais j’ai surtout acquis une conviction : un voyage en Afrique ne devrait jamais commencer par un catalogue d’adresses ou une collection de lodges. Il devrait commencer par la personne qui va le vivre.

Comprendre ce qu’elle recherche, ce qui l’émeut, son rythme, ses envies et ses limites. Puis confronter tout cela à la réalité du terrain : les saisons, les distances, les territoires et les expériences qui auront réellement du sens pour elle.

C’est pour retrouver cette liberté de conseil que j’ai créé Héritage Sauvage : pouvoir recommander ce qui me semble juste, écarter ce qui ne l’est pas et consacrer mon expertise à un seul intérêt, celui du voyageur.

Je ne cherche pas à concevoir le voyage qui impressionnera le plus.

Je cherche à concevoir celui qui vous correspondra vraiment.

Raphaël Soulié
Fondateur d’Héritage Sauvage

Vue aérienne d'une rivière sinueuse d'eau bleue traversant une vaste plaine herbeuse jaune-vert.
Quatre générations liées à l’Afrique

Une histoire familiale et personnelle

1945

Les origines

En 1945, mon grand-oncle Marcel et Tinou Soulié s’installent au Cameroun, alors sous administration française. Ils y construisent une vie profondément liée au développement du pays et aux déplacements à travers cet immense territoire.

Ils participent à la gestion de l’aéroport de N’Gaoundéré, sont actionnaires de la compagnie aérienne Air Cameroun, développent des concessions automobiles et des garages, ainsi qu’une compagnie de transport routier reliant le sud au nord du pays.

Leur vie les conduit à parcourir le Cameroun, des forêts du Sud au plateau de l’Adamaoua, jusqu’au Nord et à l’Extrême-Nord. À cette époque, ils pratiquent également la grande chasse africaine, une activité qu’il faut replacer dans le contexte d’un monde et d’un rapport à la faune très différents de ceux d’aujourd’hui.

C’est avec Marcel et Tinou que commence l’histoire africaine de ma famille : une histoire faite de territoires immenses, de routes, d’aviation, d’aventure et d’une connaissance du pays acquise en le parcourant.

Photographie ancienne en sépia montrant une famille de cinq personnes habillées élégamment en costumes et robe formelle. Trois hommes jeunes debout à l'arrière, un homme plus âgé assis et une femme assise à côté de lui portant un collier et des boucles d'oreilles. L'arrière-plan comprend un mur décoratif.
Trois personnes posant dans une forêt dense, dont un homme tenant un grand poisson, une femme portant un chapeau et un homme avec des lunettes, tous habillés en vêtements de safari.

1970

Grandir au Cameroun

Je viens de naître lorsque mon grand-oncle Marcel convainc mes parents de changer de vie et de venir rejoindre la famille au Cameroun. Mon père, alors électricien chez EDF en France, devient chef d’escale d’Air Cameroun à N’Gaoundéré.

Sur place vivent déjà Rita, la fille de Marcel et Tinou, et son mari Jean Vannier, grand guide de chasse, installé sur la concession familiale.

C’est dans cet univers que je grandis, entre deux cultures. Celle d’une famille européenne encore profondément marquée par les usages et les codes d’un autre siècle, et celle du Cameroun que je découvre au quotidien, notamment auprès de mes camarades d’école.

Très tôt, je suis attiré par la nature, les animaux et surtout par l’immensité des espaces. Les visites que nous rendons à des familles amies installées dans des concessions parfois très éloignées sont pour moi des moments extraordinaires : des journées de route, des paysages qui changent, des rencontres et cette sensation que le monde est infiniment plus vaste que l’endroit où l’on vit.

Avec le recul, je crois qu’une grande partie de mon rapport à l’Afrique est née là : dans cette curiosité pour ce qui se trouve plus loin et dans le plaisir de parcourir un territoire pour aller à la rencontre des autres.

1988

Le Gabon, entre contraintes et liberté

Je passe plusieurs années au Gabon au sein de l’armée française, au Camp de Gaulle à Libreville, où est installé le 6ᵉ Bataillon d’Infanterie de Marine.

Ce sont des années contrastées. La vie militaire m’impose un cadre extrêmement strict, peu de liberté et des contraintes qui correspondent mal à celui que je suis déjà. Dès que je le peux, je cherche ailleurs cet espace qui me manque.

En dehors de mes obligations militaires, je travaille dans le civil pour la compagnie aérienne UTA, à l’aéroport de Libreville. Je me crée peu à peu une vie en dehors du camp, noue de nombreuses amitiés et, grâce à elles, découvre un Gabon d’une incroyable richesse.

La forêt équatoriale, les gorilles de Loango, les éléphants de forêt, les célèbres hippopotames qui viennent jusque dans les vagues de l’Atlantique, les plages de Pongara où viennent pondre les tortues luth… Et puis les bivouacs, loin de tout, au Cap Estérias ou à la Pointe Denis.

Ces années difficiles deviennent paradoxalement celles de quelques-uns de mes plus grands souvenirs d’Afrique. Je comprends alors à quel point la liberté, les grands espaces et le sentiment d’être loin du monde sont essentiels à ma manière de vivre un territoire.

Ce sont encore aujourd’hui des sensations que je recherche lorsque j’imagine un voyage.

Un homme en tenue de safari avec un sac à dos brun est accroupi, faisant face à un gorille adulte qui se tient parmi la végétation dense de la jungle.
Deux personnes assises sur un terrain rocheux sec avec des herbes clairsemées, l'une porte un pantalon vert et un t-shirt gris, l'autre un short et une chemise kaki, avec un sac à dos beige devant elle.

1991

La Namibie, du terrain au métier

Je pars vivre en Namibie pour gérer une ferme africaine de 10 000 hectares, près de la petite ville d’Otjiwarongo. Mon quotidien est celui d’un territoire immense dont il faut assurer le fonctionnement : la logistique, les vivres, la maison, les clôtures, les éoliennes et les réservoirs indispensables pour conserver l’eau.

Sur ces terres vivent en liberté springboks, zèbres, élans du Cap, autruches, grands koudous, waterbucks et de nombreuses autres antilopes. À leur contact, j’affine chaque jour ma connaissance de la faune, des comportements et de cet environnement si particulier.

Je deviens guide de safari, puis crée ma première société de safaris. Je commence à travailler avec de grandes maisons de voyage parisiennes et accompagne leurs voyageurs à travers ce pays qui vient tout juste de devenir indépendant.

Je leur transmets ce que j’ai appris sur le terrain, mais aussi mes adresses, mes itinéraires et quelques secrets bien gardés : ces endroits exceptionnels que l’on découvre en vivant dans un pays bien avant qu’ils ne figurent dans les itinéraires de voyage.

Pour la première fois, ma connaissance de l’Afrique devient véritablement mon métier : comprendre un territoire, savoir où aller et, surtout, avoir envie de le partager.

1996

L’Afrique australe devient mon terrain

J’ai envie d’aller plus loin. En 4x4, je pars explorer les immensités du Kaokoland, puis élargis progressivement mon terrain à l’Afrique du Sud, au Botswana et au Zimbabwe.

Je découvre Cape Town, qui me séduit immédiatement, et y prends un appartement pour en faire ma base sud-africaine. De là, je multiplie les kilomètres et les safaris à travers des territoires naturels très différents de ceux que je connais en Namibie.

Au Botswana et au Zimbabwe, je travaille comme guide de safari aux côtés d’autres guides. Déserts, savanes, deltas, rivières et réserves se succèdent. Je découvre de nouvelles façons d’approcher la faune et d’interpréter un territoire. Je suis dans mon élément.

Le monde du safari évolue lui aussi. Je découvre une nouvelle génération de camps et de lodges, de plus en plus confortables et parfois véritablement luxueux, mais aussi mieux intégrés à leur environnement et progressivement plus attentifs à leur impact sur la nature.

Ces années élargissent ma vision du safari : il n’existe pas une seule Afrique sauvage, mais une multitude de territoires, d’écosystèmes et de manières de les vivre.

Un homme portant un t-shirt blanc, un foulard bleu sur la tête et un sac à dos en cuir marron, se tenant sur un sentier rocheux avec une cascade imposante et un arc-en-ciel en arrière-plan dans un environnement naturel verdoyant et montagneux.
Un homme souriant portant un t-shirt jaune, short et chaussures de randonnée est assis sur les racines larges et noueuses d'un arbre massif dans un paysage naturel sec avec quelques arbres épars en arrière-plan.

2004

Voyageurs du Monde, de l’Afrique australe à l’Afrique de l’Est

Je rentre en France et rejoins Voyageurs du Monde comme Chef de Produits Afrique Australe. Après des années passées sur le terrain, je découvre une autre facette de mon métier : transformer cette connaissance intime de l’Afrique en voyages entièrement conçus pour les autres.

Je construis des itinéraires pour des voyageurs exigeants, en quête de grands espaces, de retour à la nature et de safaris très exclusifs. J’apprends à écouter leurs attentes, à comprendre ce qu’ils recherchent réellement et à traduire leurs envies en expériences et en itinéraires cohérents.

Je poursuis parallèlement mon exploration du continent vers une Afrique que je connais encore peu : l’Afrique de l’Est, berceau historique du safari tel qu’il s’est raconté et popularisé dans l’imaginaire occidental, même si, bien sûr, l’observation et la découverte de la faune se pratiquaient depuis longtemps ailleurs sur le continent, notamment au Cameroun où j’ai grandi.

Je m’approprie rapidement ces territoires devenus emblématiques, parfois iconiques : leurs savanes immenses, leurs rivages éblouissants, leurs paysages et surtout ces concentrations d’animaux à une échelle que je n’avais encore jamais connue. À cette époque, certains de ces lieux sont encore très peu fréquentés. Se retrouver au milieu de troupeaux immenses, avec parfois le sentiment d’être presque seul face à eux, reste gravé dans ma mémoire.

Mais ces années sont aussi faites de rencontres. Je tisse en Afrique de l’Est des liens avec des guides, des professionnels et des personnalités du safari dont certains sont devenus des amis et le sont toujours aujourd’hui.

Ces relations construites au fil des années font désormais partie intégrante de mon expertise : connaître un territoire, c’est aussi connaître les personnes capables de vous le faire vivre.

2019

Quand le voyage perd son sens

Je rejoins un autre tour-opérateur français et prends la responsabilité de son département Afrique. Puis la Covid bouleverse brutalement l’industrie du tourisme et met en lumière certaines de ses limites.

À la reprise, je vois s’accélérer une évolution qui me trouble depuis quelque temps : le voyage en Afrique se banalise. Les itinéraires se raccourcissent et s’accélèrent. Il faut voir beaucoup, vite, passer d’un lieu à l’autre, multiplier les expériences et pouvoir dire que l’on a « tout fait ».

Mais à vouloir tout faire, on finit parfois par ne plus rien vivre vraiment.

Je continue pourtant à parcourir les territoires qui m’ont forgé et à observer ce qui se passe sur le terrain. Plus que jamais, je mesure combien l’Afrique demande exactement l’inverse : du temps, de l’écoute, de la patience, du respect et parfois simplement la capacité de s’arrêter.

À la tête du département Afrique, je défends cette vision, mais elle se heurte à une logique devenue différente de la mienne. On me demande d’appliquer des recettes auxquelles je ne crois plus, de concevoir plus vite et de transformer progressivement le voyage en un produit plus facile à vendre et à consommer.

Ce n’est plus ma manière de voir l’Afrique. Un safari n’est pas une succession d’animaux à cocher sur une liste. Un territoire n’est pas un décor. Les hommes et les cultures que l’on rencontre ne sont pas des expériences à ajouter à un programme.

Je comprends alors que ce qui m’a toujours attiré dans le voyage, la nature, les grands espaces, les rencontres, le temps et la liberté, risque précisément de disparaître lorsqu’on cherche à trop le formater.

L’idée de retrouver une autre manière d’exercer mon métier commence à devenir une nécessité.

Homme assis dans un véhicule de safari regardant à travers la fenêtre sur une savane africaine avec des arbres dispersés et des animaux au loin en lumière douce de fin d'après-midi.
Un homme souriant avec une barbe grise et des cheveux bruns, portant un t-shirt blanc, devant un ciel au coucher du soleil avec des teintes orange et jaune floues en arrière-plan.

2024-2025

Héritage Sauvage, retrouver le sens

En 2024, je fais un burn-out. Après toutes ces années consacrées à l’Afrique et au voyage, je suis obligé de m’arrêter.

Cet arrêt devient un moment de réflexion profonde. À 57 ans, je m’interroge sur le sens de mon travail, sur ce que je fais de toutes ces connaissances accumulées au fil d’une vie, et surtout sur la manière dont j’ai encore envie de les partager.

Je choisis l’indépendance et crée Héritage Sauvage pour m’extraire d’une certaine industrie du tourisme dans laquelle je ne me reconnais plus et revenir à ma propre vision du voyage en Afrique subsaharienne.

Une Afrique que l’on ne traverse pas en courant. Des territoires moins fréquentés lorsque cela est encore possible. Des émotions sincères plutôt qu’une accumulation d’expériences. Et surtout des rencontres avec des femmes et des hommes qui connaissent profondément leur environnement, partagent les mêmes valeurs et ont envie, eux aussi, de transmettre ce qu’ils savent.

Je veux redonner une place à l’imprévu et à la spontanéité. Ne pas tout scénariser, ne pas promettre ce que la nature ne peut pas promettre. Accepter qu’un animal sauvage soit précisément cela : sauvage. Qu’il puisse apparaître ou disparaître. Qu’une rencontre, une lumière, un silence ou une conversation inattendue deviennent parfois le souvenir le plus précieux d’un voyage.

Héritage Sauvage est né pour accompagner les voyageurs qui recherchent cela. Pas un voyage standard que l’on adapte à la marge parce qu’il faut vendre vite, mais un voyage qui commence par eux : ce qu’ils sont, ce qu’ils recherchent et ce qu’ils ont réellement envie de vivre.

Après toutes ces années, je ne souhaite pas simplement continuer à concevoir des voyages. Je veux transmettre une certaine manière de vivre l’Afrique.

Ce n’est pas un produit que je transmets, mais une manière d’être en Afrique

- Raphaël Soulié

Vue aérienne d'une plage de sable blanc et d'eaux peu profondes turquoise avec des bancs de sable et une île verdoyante en arrière-plan.Un coin pique-nique aménagé sous un grand surplomb rocheux avec une couverture à carreaux posée au sol, une planche de fruits et de noix, plusieurs assiettes, thermos, bouteilles et verres sur une table à côté, avec trois personnes debout regardant une cascade au loin dans un paysage naturel rocheux et verdoyant autour d’une rivière.

Tout commence par une conversation.

Parlez-nous de vos envies, de votre manière de voyager et de ce que vous aimeriez vivre en Afrique, même si vous ne savez pas encore précisément où partir.

Ce premier échange nous permettra de comprendre vos attentes et de voir comment Héritage Sauvage peut vous accompagner.

Merci, votre demande a bien été envoyée. Nous reviendrons vers vous pour échanger sur votre projet.
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